
Par l’équipe Olas Surf – 4 août 2026
Pour un premier voyage au Maroc, il y a une série assez prévisible de choses que vous voudrez savoir, et nous les connaissons par cœur, puisque nous y répondons à table chaque semaine. Ceci n’est pas un guide général du pays. C’est la vraie liste, à peu près dans l’ordre où les gens posent les questions.
Certains points paraîtront évidents. Ils sont là parce que quelqu’un s’est fait surprendre récemment.
L’argent
1. Le dirham est une monnaie fermée. Vous ne pouvez pas en acheter légalement avant d’arriver, ni en sortir beaucoup du pays. Retirez des espèces à l’aéroport ou à un distributeur une fois sur place. Le taux de l’aéroport est correct ; celui des bureaux de change des zones touristiques ne l’est pas.
2. Il vous faut plus d’espèces que vous ne le pensez. La carte passe dans les supermarchés, les hôtels et les stations-service en ville. Elle ne passe pas dans les grillades de poisson, les petites maisons d’hôtes, les grands taxis, chez les gardiens de parking, au hammam, au marché, ni presque nulle part dans un village. Ayez des espèces, et de petites coupures : personne ne peut rendre la monnaie sur un billet de 200 dirhams pour un thé à 15.
3. Les distributeurs se vident. Surtout le week-end, en fin de mois et autour des jours fériés, et surtout dans les petites localités. Si vous partez vers un endroit rural, retirez d’abord en ville. À Imsouane, cela surprend du monde en permanence.
4. Ce que coûtent les choses, en gros. Un café, 10 à 15 MAD. Un tajine dans une adresse locale, 40 à 70. Un dîner complet dans une grillade du port, 60 à 100. Une petite course en taxi en ville, 10 à 20. Une bouteille d’eau de 1,5 litre, 6 à 8. Dix dirhams font environ un euro, ce qui simplifie le calcul mental.
Rester connecté
5. Achetez une SIM locale à l’aéroport. Maroc Telecom, Orange ou inwi : les trois conviennent. Une SIM touristique avec un bon volume de data coûte environ 50 à 100 MAD et prend dix minutes avec votre passeport. La couverture est bonne sur la côte et en ville ; en montagne, non.
6. Le Wi-Fi est partout, et souvent lent. Cafés, riads et camps en ont presque tous. Qu’il tienne une visioconférence est une autre question. Si vous travaillez à distance, testez avant de vous engager pour un mois ; nous avons décrit la réalité du terrain dans notre article sur le télétravail à Imsouane.
Comment s’habiller
7. Moins strict que ce que vous avez lu, mais pas sans règles. Le Maroc est un pays musulman, et c’est aussi un pays où l’on croise partout de jeunes Marocains en jean et tee-shirt. Pour les visiteurs, la règle pratique : épaules et genoux couverts en ville, au marché et dans les villages. La tenue de plage à la plage, pas pour traverser le village.
8. Cela vaut aussi pour les hommes. Un homme qui se promène torse nu dans un village paraît aussi impoli que dans un centre-ville européen, et c’est le point que l’on oublie.
9. Personne ne vous fera de remarque. Le Maroc est en général détendu et l’on ne vous réprimandera pas. Vous recevrez simplement plus de chaleur, de meilleurs prix et des échanges plus faciles si vous avez fait ce petit effort. C’est la seule raison de s’en soucier.
Manger et boire
10. Ne buvez pas l’eau du robinet. Elle est chlorée et les habitants la boivent, mais elle dérangera probablement un estomac de visiteur. L’eau en bouteille est bon marché et se trouve partout. Les glaçons des établissements sérieux sont faits à l’eau filtrée et ne posent pas de problème ; ceux d’une charrette de rue en août sont un pari.
11. Le vendredi, c’est couscous. Le couscous est un plat du vendredi, préparé après la prière de la mi-journée et partagé en un long déjeuner de famille. En commander un mardi vous désigne comme touriste, et vous aurez une version réchauffée. Attendez le vendredi et mangez-le comme il se doit.
12. Le tajine, c’est le plat en terre. Le récipient conique, pas ce qu’il y a dedans. Le contenu varie énormément. Si vous mangez du « tajine » tous les soirs pendant une semaine et trouvez cela répétitif, c’est que vous commandez un ustensile de cuisson et non un plat : demandez ce qu’il y a dans celui du jour.
13. Le thé à la menthe est plus sucré que prévu. Très sucré par tradition, et versé de haut pour l’aérer. Vous pouvez le demander moins sucré, personne ne s’en offusquera. Refuser un verre offert dans une boutique ou une maison est réellement impoli : acceptez-le, même pour n’en boire qu’une gorgée.
Pourboires et marchandage
14. Le pourboire existe, mais il est modeste. Arrondissez le prix d’un taxi. Dix pour cent dans un vrai restaurant. Quelques dirhams au gardien de parking, à celui qui porte votre sac, à l’employée du hammam. Ce n’est pas le système américain et personne n’attend vingt pour cent, mais la petite monnaie donnée de bon cœur fait partie du fonctionnement d’ici.
15. Le marchandage a sa place, mais pas partout. Dans un souk, pour un tapis, une lampe ou un sac en cuir : oui, c’est attendu, et le premier prix n’est pas le prix. Dans un supermarché, un café, un restaurant, un taxi à compteur ou une boutique aux prix affichés : non. Marchander le prix d’un café n’a rien de malin, c’est seulement gênant.
Quand vous marchandez, faites-le avec le sourire et soyez prêt à partir. N’entamez pas une négociation pour un objet que vous n’avez pas l’intention d’acheter : c’est la seule chose qui agace vraiment les gens.
Premier voyage au Maroc : ce dont personne ne vous prévient
Les gardiens de parking. Dans chaque ville, un homme en gilet fluo apparaît quand vous vous garez et surveille votre voiture. C’est un vrai métier, à moitié officiel. Donnez-lui 2 à 5 dirhams en partant, davantage pour la nuit. Ce n’est pas une arnaque.
Les faux guides. À Marrakech et à Fès surtout, quelqu’un peut s’attacher à vos pas, proposer de vous indiquer le chemin, puis demander de l’argent. Un « non merci » ferme et aimable, répété sans entrer dans la discussion, fonctionne. S’énerver ne fonctionne pas.
Les chats. Il y en a partout, et ce sont pour la plupart des animaux de quartier plutôt que des chats errants. Les nourrir est normal. En ramener un chez soi n’est pas aussi simple qu’il y paraît sur le moment.
Tout ferme brièvement à l’heure de la prière. Les petits commerces ferment quinze ou vingt minutes, cinq fois par jour. Le vendredi midi, c’est plus long : une bonne partie du village s’arrête pendant deux heures.
Le ramadan change tout. Si vos dates tombent pendant le mois de jeûne, les restaurants ont d’autres horaires et le rythme de la journée s’inverse. C’est une période passionnante pour voyager, et elle demande de l’organisation ; nous en parlons à part dans notre guide pour voyager au Maroc pendant le ramadan.
Le rythme d’une journée lors d’un premier voyage au Maroc
Le rythme est différent, et il faut environ trois jours pour cesser de lutter contre lui.
Le petit déjeuner est tardif et léger : pain, olives, confiture, œufs sur demande, café. Le déjeuner est le grand repas de la journée, vers une heure ou deux heures, et il dure. Le dîner est tardif pour des habitudes nord-européennes ; huit heures, c’est tôt, neuf heures, c’est normal, et un restaurant de village n’aura peut-être pas grand-chose avant sept heures.
Entre deux et quatre heures de l’après-midi environ, surtout en été, tout ralentit. Les boutiques ferment, les rues se vident, les gens dorment. Vouloir régler des choses pendant ce créneau est un combat perdu : la bonne réponse est de faire pareil.
Les soirées sont longues et conviviales. Au village, on s’assoit dehors ; en ville, les rues se remplissent après neuf heures. Rien de tout cela n’est une mise en scène pour touristes : c’est simplement ainsi que s’organise la journée quand son milieu est trop chaud pour être utile.
Dans un camp, le même schéma s’applique, ce qui surprend ceux qui s’attendent à des horaires de resort. Notre récit jour après jour d’une semaine ici montre ce que cela donne en pratique, jusqu’à la sieste de l’après-midi que personne ne prévoit et que tout le monde fait.
La sécurité, sans détour
Le Maroc est un pays sûr pour les visiteurs, régulièrement classé en tête de la région dans les indices de paix et de stabilité. Les violences contre les touristes sont rares. Ce que vous rencontrerez vraiment, c’est l’insistance commerciale, des gens qui cherchent à vous vendre quelque chose, et c’est fatigant plutôt que dangereux.
Les précautions habituelles s’appliquent : attention aux poches dans les médinas bondées, taxis officiels la nuit, pas de balade seul dans des rues sans éclairage à trois heures du matin. Comme dans n’importe quel pays.
Les femmes voyagent seules au Maroc en grand nombre, et la majorité en gardent un bon souvenir, surtout en dehors des plus grandes villes. Vous attirerez plus l’attention à Marrakech que dans un village de la côte. La plupart des voyageurs solo qui viennent chez nous sont des femmes, et c’est l’une des questions les plus fréquentes avant une réservation ; notre article sur le surf camp en solo au Maroc traite le sujet en détail.
Pour les recommandations officielles, les conseils aux voyageurs du gouvernement britannique pour le Maroc sont tenus à jour et méritent un coup d’œil avant tout départ, tout comme ceux de votre propre ministère des Affaires étrangères, et les pages Maroc de Lonely Planet couvrent bien les bases pratiques.
Deux choses de plus à faire lors d’un premier voyage au Maroc
Allez au hammam. C’est ce qui rend nos hôtes le plus nerveux, et ce qu’ils sont ensuite le plus contents d’avoir fait. C’est un bain de vapeur public, un élément tout à fait ordinaire de la semaine ici, avec des usages faciles à suivre une fois qu’on vous les a expliqués. L’explication, nous l’avons écrite : ce qui se passe vraiment dans un hammam marocain.
Apprenez cinq mots de darija. L’arabe marocain, pas l’arabe standard. Salam pour bonjour, shukran pour merci, bslama pour au revoir, bzzaf pour trop, safi pour ça suffit ou c’est bon. Le français est très largement compris, et sur cette côte vous entendrez le tachelhit, la langue amazighe locale, autant que l’arabe. Cinq mots changent la façon dont les gens vous répondent plus que tout le reste de cette liste.
Par où commencer
Si vous voulez voir le pays en une semaine, la formule classique associe quelques jours à Marrakech et le reste sur la côte ; nous expliquons comment répartir le tout dans notre guide de Marrakech à la mer. Si vous comptez conduire, lisez d’abord le guide de la conduite.
Et si vous préférez déléguer le côté pratique pendant que vous apprenez à surfer, c’est à cela que sert une semaine de camp : transfert aéroport, repas, planche, et quelqu’un à table pour répondre exactement aux questions de cette page. Jetez un œil aux dates.
Questions fréquentes
Faut-il des espèces au Maroc ou peut-on payer par carte ?
Il faut des espèces. La carte passe dans les supermarchés, les hôtels et les stations-service en ville, mais pas dans les grillades de poisson, les petites maisons d’hôtes, les grands taxis, les marchés, les hammams ni chez les gardiens de parking. Ayez de petites coupures : personne ne peut rendre la monnaie sur 200 dirhams pour un thé à 15. Dans les petites localités, les distributeurs se vident aussi le week-end.
Peut-on entrer au Maroc avec des dirhams ?
Pas vraiment : le dirham est une monnaie fermée, on ne peut pas en acheter à l’étranger ni en sortir beaucoup. Retirez à un distributeur ou changez à l’arrivée. Les taux de l’aéroport sont raisonnables ; ceux des bureaux de change des zones touristiques, en général non.
Comment s’habiller au Maroc quand on est touriste ?
Épaules et genoux couverts en ville, au marché et dans les villages, pour les hommes comme pour les femmes. La tenue de plage reste à la plage, pas pour traverser un village. Personne ne vous fera de remarque en cas d’erreur, mais ce petit effort vous vaudra plus de chaleur, de meilleurs prix et des échanges plus faciles.
Peut-on boire l’eau du robinet au Maroc ?
Les habitants la boivent et elle est chlorée, mais elle dérangera probablement un estomac de visiteur. L’eau en bouteille est bon marché et disponible partout. Les glaçons des restaurants et cafés établis sont faits à l’eau filtrée et ne posent pas de problème ; ceux d’une charrette de rue en été sont plus risqués.
Combien laisser de pourboire au Maroc ?
De petites sommes, données de bon cœur. Arrondissez le prix d’un taxi, laissez environ dix pour cent dans un vrai restaurant, et donnez quelques dirhams aux gardiens de parking, aux porteurs et au personnel du hammam. Ce n’est pas le système américain et personne n’attend vingt pour cent.
Où peut-on marchander au Maroc ?
Dans les souks, pour les tapis, les lampes, le cuir et l’artisanat, où le premier prix est une position de départ. Pas dans les supermarchés, les cafés, les restaurants, les taxis à compteur ni les boutiques aux prix affichés. Marchandez avec le sourire, soyez prêt à partir, et ne négociez pas un objet que vous ne comptez pas acheter.
Faut-il un visa pour le Maroc ?
La plupart des titulaires d’un passeport européen, suisse, britannique, américain ou canadien n’en ont pas besoin pour un séjour de 90 jours maximum, mais les règles changent et dépendent de votre nationalité. Vérifiez les conseils aux voyageurs de votre gouvernement avant de réserver plutôt que de vous fier à un article de blog.
Quelle langue parle-t-on au Maroc ?
La darija, le dialecte marocain de l’arabe, est la langue de tous les jours. Le français est très répandu, surtout dans les affaires et le tourisme. Sur la côte atlantique, vous entendrez aussi le tachelhit, l’une des langues amazighes. Apprendre cinq mots de darija change la façon dont les gens vous répondent plus que presque tout le reste.

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